Role et ethique des Banques Alimentaires

                                                                                                                                                                                             Editorial janvier 2009

Rôle et éthique des Banques Alimentaires aujourd’hui

               Aujourd’hui, dans un environnement qui bouge, notre action s’appuie sur des « fondamentaux » : la gratuité, le refus du gaspillage, la neutralité, la lutte contre l’exclusion .

La Banque Alimentaire et l’exigence de gratuité : L’argent est aujourd’hui incontournable. Dans deux domaines, l’exigence de gratuité doit rester primordiale, malgré les sollicitations :
- le non achat de denrées, marque de fabrique des B.A. ; Quelle que soient les difficultés, y renoncer constituerait un manquement à nos valeurs et changerait le concept de base. Nous sommes porteurs d’un projet global qui nous identifie et nous rassemble, restons-lui fidèles ensemble.
- le bénévolat : Il y a de plus en plus de salariés dans les B.A. à côté des bénévoles et la complexité croissante des tâches peut accentuer cette évolution. Mais le rôle des bénévoles doit rester majeur : là aussi c’est notre projet . Il ne doit pas y avoir de contrepartie matérielle à notre engagement, il y en a d’une autre nature. Ici encore, question d’éthique et d’image.

La Banque Alimentaire et le refus du gaspillage : Un fondement de notre charte. Le refus du scandale de la destruction de nourriture quand des êtres humains en manquent. La lutte contre le gaspillage économise les ressources à venir, en optimisant l’utilisation des ressources existantes. Elle est la première marche du développement durable .

La Banque Alimentaire et le devoir de neutralité : L’augmentation des charges, les difficultés de financement, le poids des politiques publiques et des contrôles…, des éléments divers qui pourraient peser sur l’indépendance des B.A.. Ils rendent d’autant plus nécessaire la fermeté de notre projet associatif, la fidélité à nos valeurs et l’affirmation de notre autonomie .

La Banque Alimentaire et l’engagement dans la lutte contre l’exclusion : L‘aide alimentaire limitée à la seule distribution de colis est de moins en moins admise, hormis situations d’urgence . Elle doit s’intégrer pleinement à l’action globale de lutte contre l’exclusion
- aide alimentaire et santé : la diversité des denrées et l’équilibre nutritionnel deviennent une préoccupation majeure avec un objectif d’amélioration de la santé des personnes accueillies .
- aide alimentaire et lien social : l’alimentation est porteuse d’échange, de partage et de lien. L’aide alimentaire peut être une passerelle qui permet de tisser ces liens. La B.A. a vocation à aider les associations à mettre en œuvre un accompagnement individuel (formation à l’écoute et à l’accueil…) et des actions collectives (ateliers-cuisine, repas partagés…), seule voie pour éviter l’assistance .

           Restons fidèles à nos valeurs tout en adaptant notre fonctionnement à un environnement en mutation. « Ajustons notre stratégie dans la fidélité à notre éthique. »*

* B.Dandrel, Madrid, mai 2008