La Marseillaise 6 janvier 2016

La Marseillaise 6 janvier 2016
27/12/2010


La Garde: de la nouveauté au rayon solidarité

 Située dans la ZA Le Pouverel à La Garde (312, rue Denis Papin), la BEA a ouvert ses portes en octobre. D.R.
A La Garde, face à la précarisation de la jeunesse, une boutique étudiante alimentaire propose aux étudiants des denrées pour une somme modique.
Un nombre d’étudiants en situation de précarité en constante augmentation et une société qui produit « beaucoup de gaspillage ». C’est ce double constat qui a conduit à la création de la Boutique étudiante alimentaire (BEA) située à La Garde.
Le concept : la toute jeune association récupère des denrées auprès de la Banque alimentaire - dont elle est relativement proche - et les distribue à des étudiants pour une somme modique. La « Boutique », qui a ouvert ses portes en octobre dernier, sera officiellement inaugurée ce vendredi 8 janvier (19h00).
Michèle Vuillemin, professeur à la retraite, est l’une des chevilles ouvrières de ce projet dont elle raconte la genèse. Durant sa carrière, elle a observé qu’un certain nombre de lycéens étaient « en difficulté » financièrement. « On rencontre aussi beaucoup d’étudiants qui ont très peu de moyens, pas forcément de bourse et sont obligés de travailler », souligne-t-elle. Avant d’ajouter : « Le phénomène n’est pas nouveau mais il tend à s’accentuer. »
Elle remarque en outre que les étudiants ont quelques réticences à se diriger vers les associations traditionnelles. « Nous voulions proposer un lieu qui leur soit réservé afin qu’ils se sentent en confiance », indique Michèle Vuillemin.
Ainsi, en lien étroit avec la Banque alimentaire, naît et se concrétise l’idée de la BEA. Une initiative qui a d’ores et déjà - malheureusement - prouvé son utilité. D’une petite cinquantaine au début, le nombre d’étudiants qui fréquentent la structure chaque semaine est rapidement passé à « une moyenne de 80, et l’on a parfois atteint 110 personnes ».
Il faut dire que l’association n’a pas ménagé ses efforts pour diffuser l’information, notamment à renfort de flyers, mais aussi en rencontrant les assistantes sociales de l’université ou en se rendant à la Maison de l’étudiant à Toulon. Et le bouche-à-oreille a fait le reste.
Sensibiliser à la lutte contre le gaspillage
La BEA est ouverte tous les vendredis de 15h00 à 19h30. Les étudiants qui s’y rendent doivent s’acquitter de deux euros, en échange de quoi ils se voient remettre un panier d’une dizaine de kilos, composé de produits secs (conserves, thé ou café, chocolat, compotes...) et de produits frais (viande, poisson ou oeufs, fromage et yaourts).
Au chapitre des règles de fonctionnement, l’association a mis en place une convention tripartite grâce à laquelle « chacun s’engage à respecter un certain nombre de points » : « La Banque alimentaire à donner gratuitement les produits invendus - pas périmés mais à courte date - récoltés auprès des grandes surfaces. L’association à recevoir tous les étudiants sans distinction. Et les étudiants à ne pas considérer la BEA comme une grande surface, donc à prendre ce qu’on leur donne ou à ne pas le prendre plutôt que de le jeter. »
Car, outre le coup de pouce à des jeunes en difficulté, l’autre volet sur lequel se penche l’association est la lutte contre le gaspillage. « Nous voulons les sensibiliser sur ce sujet », déclare Michèle Vuillemin qui explique que certains d’entre eux ont pu, par exemple, participer à un atelier de confection de confiture proposé par la Banque alimentaire, afin de « leur montrer comment ils pouvaient utiliser ce qu’ils avaient ».
Enfin, désireux que la BEA ne soit pas reléguée au rang de simple « distributeur de nourriture », les bénévoles - pour l’heure essentiellement des retraités - entendent faire en sorte que les étudiants s’impliquent et deviennent à leur tour acteurs de cette action de solidarité. Ce que certains d’entre eux ont déjà commencé à faire.
 Agnès Massei